Scénographie du vent

Publié le par Ecoleole

INTERWIEW

 

creations 5635Les jardins du vent c'est une façon de jouer et de créer avec le vent et de déclencher ,chez celui qui les découvre, des émotions. 

 

Je pense qu'en chaque individu il y a une fibre créative qui pousse à utiliser sa tête et ses mains pour transformer des matériaux en objets statiques ou animés. Dans le milieu des cerfs-volistes et des aéolistes cette fibre créatrice  est particulièrement extravertie.  Sans public je doute que beaucoup de passions résisteraient au temps.

J'aime confronter ce que j'imagine et ce que je réalise au regard des autres. Je crois que sans les occasions qui me sont données pour exprimer publiquement ma créativité, mes motivations de créateur seraient passablement émoussées.

 

Je n'ai pas de démarche académique. Je marche à l'émotion au gré des rencontres et des trouvailles. Un objet dans une déchèterie, un bout de bois flotté, une révolte par rapport à l'actualité de notre monde (et elles sont nombreuses), peuvent déclencher une "fièvre  créatrice". Devant une benne à ferrailles, je suis comme un gosse devant l'arbre de noël. Je suis un peu un Gaston (sans les gaffes , quoique !) qui transforme en autre chose tout ce qu'il récupère.

 

Je découvre tant de bricolages géniaux, tant de talents chez les créateurs aéolistes que je me dis qu'une vie ne suffira pas à découvrir toutes ces pistes de créativité... Je pense que si  je pouvais  cumuler l'expertise d'un Joël Goupil , la sublime poésie d'un Aléjandro Guzzetti, la fécondité d'un Jean Paul Richon, la générosité d'un Patrick Mouchague, la virtuosité d'un Didier Ferment... (pardon pour tous les autres)...je pourrais , alors , commencer à flirter avec l'excellence.

 

Parc-Bortoli-2010--37-.JPGCréer , demande un temps fou et une énergie incroyable. Ce que j'expose dans mes grandes installations( prés d'un hectare) représente plus de 2000 heures de création et n'a aucune valeur marchande, ni longévité spéculative. Je dois aussi accepter la fragilité intrinsèque de mon travail soumis aux intempéries et à l'agression du soleil, mais cet aspect éphémère de mon travail n'est-il pas aussi la clef de mon renouvellement créatif et de mes motivations artistiques ?

 

Je me qualifie comme "artisan et bricoleur génial" , c'est moins pompeux qu'artiste. Mais ma fierté est d'avoir refilé le virus de la création  du vent à quelques milliers de mes contemporains , Pour moi la notoriété n'est pas dans les 30 secondes du JT de 20 heures, mais dans l'image qui restera en filagrane d'une émotion...  c'est ma part "d'éternité".

 


Publié dans scénographie

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